Oui, la Belgique a besoin de réformes
Le 16.06.2010 dans Vu du web
Extrait de l'article du quotidien "L'Echo" du 16 juin 2010 par Christophe De Caevel.
Le ministre du Climat a récolté 264.000 voix au Sénat. Ce score le conforte dans sa place de favori pour la succession d’Elio Di Rupo, si d’aventure le président du PS devenait Premier ministre. À moins que le futur locataire du "16" soit Paul Magnette lui-même.
Les deux vainqueurs des élections s’apprêtent à discuter ensemble. Les programmes N-VA et du PS sont-ils compatibles?
Paul Magnette: Ce sera difficile. Mais en 2007, les programmes du PS et du MR n’étaient pas non plus très compatibles. C’est une tradition belge. Dans un système de coalitions, il faut relier des programmes au départ très différents.
Ça commence mal avec Bart De Wever qui qualifie le programme socio-économique du PS de "fantaisiste"…
Magnette: Il n’a pas dû lire les annexes budgétaires de notre programme. Nous envisageons de 5 à 7 milliards de dépenses supplémentaires pour soutenir l’économie. Mais nous prévoyons aussi de 10 à 12 milliards de recettes nouvelles avec le recyclage des intérêts notionnels, une forme d’impôt sur la fortune et la lutte contre la fraude fiscale. Il y a une cohérence dans les propositions socialistes.
La lutte contre la fraude fiscale, n’est-ce pas un vœu pieu? Peut-on vraiment espérer retrouver 5 à 6 milliards par ce biais?
Magnette: Oui, cela doit devenir une priorité politique partagée. Nous ne pouvons pas rester éternellement avec une économie parallèle de 3 à 5 points au-dessus de la moyenne de l’OCDE. Il n’y a pas que cela: la contribution sur les gros patrimoines, c’est un rééquilibrage de la fiscalité, qui pèse trop sur les revenus du travail.
Négocier des compromis est une tradition, dites-vous. Le jeu en vaut-il encore la chandelle quand 40% des Flamands votent pour des partis séparatistes?
Magnette: Oui bien sûr. D’une part, beaucoup d’électeurs N-VA ont voté contre une forme d’immobilisme, plus que contre la Belgique. Je constate que les discours des leaders de la N-VA de ces derniers jours oscillent dans ce sens.
D’autre part, la Belgique vaut la peine de consacrer un peu de temps afin de réformer l’État en profondeur, de le rendre plus performant, avec des compétences plus cohérentes. Toute la société civile, des syndicats au patronat en passant par les artistes, défend la valeur ajoutée de la Belgique. Le politique doit en tenir compte.



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