Polluons moins chez nous !

Le 17.11.2008 dans En pratique

Article de Michel Declercq dans le quotidien Sud Presse du 15 novembre 2008.

Détergents, désodorisants, balatums ou bois vernis nuisent à la santé.

Vous êtes des adeptes de l'encens, du papier toilette " qui sent bon", vos chambres sont garnies de lambris vernissés et de moquette. Sachez que tout ceci participe à la pollution intérieure de votre habitat. Le fédéral va donc édicter de nouvelles normes pour ces produits et matériaux. Et de votre côté, vous pouvez agir. "On se préoccupe beaucoup de pollution extérieure, beaucoup moins de pollution intérieure ", souligne Paul Magnette, ministre PS du Climat et de l'Énergie. "Or, elle peut être source d'irritations de la peau, de migraines, d'allergies, voire d'étourdissements." Le fédéral a donc décidé de s'attaquer à ces polluants qui émanent des désodorisants, des détergents, des appareils de chauffage, des engins de jardinage, des revêtements de sol et de mur.

"Nous allons prendre une série d'arrêtés royaux limitant leurs effets nocifs via l'imposition de nouvelles normes, de nouvelles concentrations", poursuit le ministre. "Certains composants seront interdits, d'autres autorisés sous conditions. Et, parallèlement, nous sensibiliserons la population." Tout ceci se retrouve dans le plan Air-Produits, à l'enquête publique jusqu'au 5 janvier. Mais un exemple vaut mieux qu'un long discours. Direction Jumet et la maison des Leconte, où des spécialistesont traqué la pollution, pièce par pièce.

La cuisine

"C'est une pièce où se concentrent généralement les polluants car on y stocke les produits d'entretien. Tous contiennent des composés organiques volatils, parfois en grande quantité, Un conseil général: préférer les liquides à étaler aux vaporisateurs. Rappelezvous que bonne odeur égale composants chimiques. Qu'un produit décrit comme agressif l'est aussi pour votre santé. Et que les lingettes humides pour le nettoyage ne le restent pas pour rien !"

Les toilettes

Le papier "qui sent bon", c'est plein de substances chimiques. Idem pour les désodorisants.

Le salon

Bannissez l'encens. Surtout si, en plus, on fume dans la pièce.

Les chambres

Mieux vaut plâtrer puis peindre que poser des lambris vernissés. Demanièregénérale, balatums, moquettes et papiers peints sont sources de pollution.

Le chauffage

Le fédéral va promulguer de nouvelles normes pour les chaudières, les poêles à bois, les installations au charbon. Ici aussi, vous pouvez agir. Avec primes et déductibilités fiscales à l'appui. Une triple recommandation enfin. En nettoyant régulièrement votre chez-soi, en l'aérant, en y maintenant une température de 20 degrés, vous limiterez déjà les effets des pollutions intérieures.

Les sources de pollution de l'air intérieur sont multiples. Les gaz d'abord. Citons le monoxyde de carbone, incolore et inodore mais très toxique, les oxydes d'azote provenant de la combustion des installations de gaz ou le radon émanant de certains matériaux de construction pierreux. Les composés organiques volatils (COV) se retrouvent dans les peintures et vernis, insecticides et produits de nettoyage. Parmi ces COV, le plus présent dans les habitations est le formaldéhyde. Les moisissuressont à l'origine de spores allergisantes. Les acariens, qui colonisent moquettes et literies, libèrent eux aussi des substances allergènes. Et l'on ne parle pas des vieilles conduites et peintures au plomb... «

Thèmes: Environnement

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