Copenhague : déception et obligation d'agir

Le 20.12.2009 dans Archives

Nous attendions énormément de ce sommet mondial, et il faut reconnaître que l'accord reste trop vague dans ses objectifs et très loin de ce qui est indispensable pour lutter contre le réchauffement climatique et les inégalités nord-sud.

Ceci étant, le catastrophisme et le défaitisme ne mèneront nulle part. Il faut maintenant analyser les causes des blocages et la manière de reprendre immédiatement  les négociations pour les surmonter.

Malgré la déception, trois acquis méritent d'être soulignés. Premièrement, la Chine et les Etats-Unis, premiers émetteurs mondiaux de gaz à effet de serre, ont pour la première fois acceptés de s'inscrire dans le cadre d'un accord global, même s'ils refusent jusqu'ici de leur donner un caractère contraignant. Quand on se rappelle ce qu'était la position de la Chine et des Etats-Unis il y a encore moins d'un an, au moment où l'Europe avait déjà pris des engagements, ceci constitue une évolution significative.

Deuxièmement, l'objectif d'un réchauffement maximal de 2 degré est écrit noir sur blanc dans l'accord, qui reconnaît par ailleurs la nécessité de tenir compte en permanence des données scientifiques.

Troisièmement, l'accord prévoit la mise en place immédiate d'un fond alimenté par les pays industrialisés à hauteur de 30 milliards de dollars dès 2010 et de 100 milliards par an a l'horizon 2020 afin d'aider les pays les plus pauvres et les plus vulnérables, comme les états insulaires et les pays africains, à lutter contre le réchauffement climatique et ses conséquences.

Ces résultats sont tout à fait insuffisants mais ils constituent le point de départ de négociations qui doivent être reprises dès le mois de janvier 2010.

La responsabilité internationale de la Belgique sera majeure au cours de l'année 2010 puisque nous présiderons l'Union européenne, moteur des négociations climatiques mondiales, au cours du second semestre. Ces négociations doivent viser d'abord à clarifier les objectifs de réductions des émissions globales à moyen et à long terme et à valider sur le plan international les objectifs arrêtés par l'Union européenne, à savoir une réduction des émissions de moitié d'ici 2030 et d'au moins de 80 à 95% d'ici 2050. Les pays industrialisés et les pays émergents doivent ensuite renforcer leurs engagements individuels, et les premiers doivent amplifier leur effort financier. Enfin, il faut continuer à défendre vigoureusement l'idée que ces accords doivent devenir contraignants pour l'ensemble des parties, et faire l'objet de vérifications multilatérales en toute transparence.

L'Europe doit aussi, pour réaffirmer son leadership, tirer les leçons géopolitiques de cette conférence. Dans la perceptive de Mexico, l'Europe doit dès aujourd'hui travailler à renforcer ses partenariats avec les pays les plus pauvres du G77, en particulier les pays africains et ceux d'Amérique Latine, qui sont nos alliés naturels dans ce combat.

En outre il est plus que temps de lier les agendas climatiques et commerciaux mondiaux. Si certains pays, parmi les plus grands émetteurs mondiaux, continuent de faire obstacle à l'adoption d'objectifs de réductions contraignants, l'Europe doit envisager, comme le permet le rapport de l'OMC du 27 juin dernier, une taxe carbone sur les produits importés de ces pays qui font une concurrence déloyale à nos entreprises.

Enfin, l'Union européenne doit amplifier ses propres efforts, dans le cadre d'un deuxième paquet énergie-climat comportant un vrai plan industriel de recherche et développement, et un Fonds social soutenant massivement la formation professionnelle et les régions les plus touchées par les restructurations industrielles.

Thèmes: Environnement, Climat

Partager:

A tix02 & twentyeight website